Déclic

Déclic

Je me présente, je m’appelle Annie, je suis mère de 3 magnifiques enfants, Angélique 20 ans, Anthony 16 ans et David 14 ans. Ceux-ci sont la source de ma vie, mes inspirations. Je suis travailleuse autonome depuis 19 ans. Quand j’ai vu le thème du mois d’octobre «Les masques et moi», je me suis demandé quoi écrire sur ce thème. Après réflexions, j’ai réalisé que nous portons tous à un moment ou à un autre des masques qui nous conviennent plus ou moins tout au long de notre vie pour ce faire accepter, pour faire comme tout le monde, pour entrer dans un moule, pour faire plaisir.

J’ai étudié en technique de bureautique, et oui à cette époque j’étais convaincue que travailler dans un bureau du matin au soir était pour moi. Pourtant, et je m’en rends compte aujourd’hui, je rentrais dans un moule de la société, je mettais un masque que les gens s’attendaient que je mette, parce que je n’avais aucune espèce d’idées de ce que je voulais faire à 17 ans. Mais je savais au fond de moi que je voulais avoir mon entreprise et une famille. À la naissance de ma fille, j’ai eu une révélation, je désirais plus que tout demeurer à la maison, élever mes enfants, mais également travailler à ma manière, être autonome. J’ai donc décidé d’orienter ma carrière. J’ai ouvert mon service de garde. Ma passion des enfants et mon désir d’entrepreneuriat ont été comblés. J’ai donc laissé tomber un masque que je m’obligeais à porter et avec lequel je n’étais pas bien.

Au fil du temps j’ai eu mes garçons et je me suis perfectionné dans mon domaine, l’éducation à l’enfance. Je suis allé chercher mon diplôme d’éducation à l’enfance (Dec) et plusieurs heures de perfectionnement dans le domaine. Ma fille a grandit, elle a développé une anomalie à la colonne vertébrale, une scoliose de croissance. Je me suis alors demandé ce que je pouvais faire pour lui apporter l’aide, le support et une meilleure qualité de vie. La vie m’a donc orienté vers la massothérapie. Comme si ma première entreprise n’était pas suffisante, j’ai ouvert ma clinique de massothérapie. J’enchaîne les formations, qui me permettent de comprendre le corps humain, mais aussi à me donner des moyens de prendre soin de moi, de mes proches et ma clientèle. Cette année, j’ai combiné mes 2 passions, le corps humain et les enfants en devenant instructrice de massage pour enfant. Les petits Pops corn dans ma tête n’arrêtent jamais et continus d’alimenter ma vie, de développer mon entreprise et de me permettre à m’épanouir. Je suis en paix avec moi –même, je fais ce que j’aime et me laisse aller ou la vie m’amène.

L’été dernier, j’ai décidé de faire comme tout le monde, me mettre à off. J’ai donc fermé mon agenda, mes livres et go me voilà en vacances. J’étais convaincu que c’était comme ça que mes vacances devaient être. Après la première journée, j’ai vraiment commencé à m’ennuyer. Je m’efforçais intensément à ne rien faire dans mon entreprise. Je ne prenais aucune commande, j’ai mis un message sur mon répondeur disant «Bonjour, je suis en vacances présentement, je prendrais mes messages le 14 août». Je lisais des livres, je prenais soin de moi, mon conjoint et moi sortions souvent, nous allions voir des spectacles, prendre des marches. La vie était douce et calme. Mais au fond de moi, quelque chose était éteint. J’ai vraiment cru que je faisais une dépression. Je me suis tellement inquiété de mon état que j’ai pris un rendez-vous chez le docteur. Je n’avais pu le goût de faire quoi que ce soit. Tout était lourd et pénible à faire. J’aurais dormi tout le temps. Mes livres, mon agenda et mon ordinateur me criaient de les ouvrir, mais le masque que j’avais décidé de porter pour faire comme tout le monde était lourd, il m’empêchait d’être moi-même et d’être bien. Le dernier jeudi de mes 2 semaines de vacances, une éternité, une amie s’est coincée le dos et m’a appelé. Je crois que ce fut le signal de mon réveil, j’étais tellement contente de son appel et d’être enfin arrivé à la fin des vacances que je lui ai donné un rendez-vous et je lui ai fait son traitement. Mes énergies sont revenues. Je pouvais enfin ranger le masque dans le tiroir, délivrance.

Pourtant, des questions continuaient à me trotter dans la tête, mais pourquoi ne suis-je pas capable de faire comme tout le monde, arrêté de penser, de mijoter, de créer, de travailler. Suis-je normale?

Cette semaine, je suis allé à la conférence de notre présidente Christine Marcotte .Celle-ci m’a réconcilié avec mes interrogations et moi-même. J’ai enfin pu comprendre pourquoi je m’étais sentie ainsi pendant mes vacances. J’ai compris que je suis faites ainsi, que c’était correct de prendre du temps pour créer, gérer mon entreprise si j’en ai le goût. Pourquoi vouloir être comme tout le monde à tout pris, rentrer dans le moule. Chaque personne est unique, personne n’a le même rythme, pourquoi ne me respecterais-je pas en étant moi-même? C’est pourtant une notion que j’applique à la lettre avec les petits et chaque client en massothérapie, et pourtant je ne l’applique pas à moi. Ce fut un grand déclic pour moi. Plus jamais je vais enfiler le masque de quelqu’un d’autre.

Être. Être bien avec soi, être bien avec ce que nous faisons est essentiel au bonheur, et l’être humain est fait pour être heureux. Pourquoi endosser des masques pour être comme tout le monde et être malheureux.

Laissons tomber les masques que nous pensons devoir porter pour faire plaisir aux autres. Nous sommes belles tel que nous sommes, soyons bien avec nous-mêmes et fières d’êtres ce que nous sommes. Mettons notre masque unique, sincère et d’une grande beauté, celui de mère en affaire.

Annie Laberge

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