Le temps d’une tempête, dans une vie, ce n’est pas beaucoup pour lâcher-prise!

Le temps d’une tempête, dans une vie, ce n’est pas beaucoup pour lâcher-prise!

Le temps d’une tempête, dans une vie, ce n’est pas beaucoup pour lâcher-prise!

Par Caroline Bochud

Je croyais équilibrer les choses. Me redonner des chances comme salariée, et me prouver qu’une job à temps partiel, quand on a trois enfants, tout en gardant mon esprit créatif d’illustratrice (autre temps partiel) aurait ben du sens. Tout en me tapant des pare-choc à pare-choc matin et soir, et en ne me retrouvant absolument pas dans le rôle de chargée de projet stressée, c’était juste une erreur, le temps d’une tempête dans ma vie, mais une erreur qui en a valu la peine! Un test qui m’a aidé (oui moi et mon côté très analyste en tout temps) à réaliser une full de choses que je valorise dans la vie. Un temps de tempêtes dans ma tête qui m’a remise sur la bonne voie à suivre pour moi au niveau personnel, au niveau familial, au niveau professionnel, au niveau amical, au niveau du couple et au niveau social. Réaliser à quel point c’est le fun d’être là pour ses enfants et son conjoint, pas seulement lors des tempêtes hivernales mais pendant toute l’année!

Quand j’ai fait le choix de mettre de côté pour un certain temps mon travail de pigiste en illustration, qui n’allait pas très bien au niveau de la stabilité et régularité, j’ai essayé ce que c’était la vie à la course. Je voulais me trouver une job dans mon domaine, mais à temps partiel sur semaine obligatoire. Je l’ai obtenue (après quand même plusieurs mois de recherche, un atelier d’aide à la recherche d’emploi, des entrevues, des téléphones, etc.) Une fois à l’emploi, les premières semaines comme chargée de projets (service-clientèle et vente en ligne) se passent bien (je suis en mode apprentissage, les collègues sont cool avec moi pis patients). Puis, les responsabilités augmentent et les tâches deviennent plus prenantes, et de moins en moins créatives… ça devrait changer ce stress-là, il me semble qu’on m’avait dit que je m’occuperais du côté créatif et graphique?!

Les enfants (Viviane 8 ans, Alexandre 7 ans, et Éléna 4 ans) qui revenaient de l’école à 15h30 (avant), ne sont pas à la maison avant environ 17h. Oh boy! Ma décision les « shake » quand même beaucoup! Mon gars a l’air de m’en vouloir…c’est le plus affecté visiblement, et il le montre par son irritabilité. L’heure du souper est intense avec les devoirs, le souper, les (ostifi) de lunch, les lavages (ben oui, la petite dernière a comme perdu sa belle propreté pendant les dernières semaines!), les tensions du deuxième qui ne veut pas retourner à l’école le lendemain, et qui a soudainement 0/8 à son évaluation mathématique, les r-v de toute la famille chez le dentiste en soirée, pu de temps pour les histoires du soir, maman est crevée, etc. Rendue au bilan d’un mois, une tempête de questionnements incessants dans ma tête m’a fait réaliser plein de choses.

Je ne sais pas si je suis différente des autres mamans, ou que toutes pensent comme moi, mais chu tu toute seule à constamment me poser les questions sur la signification d’avoir des enfants, de les élever moi-même, de passer du temps ensemble, de participer et d’être sensibles à leurs émotions et leurs péripéties à l’école ou la garderie et à la maison? Est-ce que je suis toute seule à me sentir cheap quand je les inscris à du service de garde midi et fin de p.m, parce que je devrais nous faire plus d’argent dans notre couple (un petit bonus pour aller dans le sud?), alors qu’on y arrivait quand même très bien financièrement (on ne s’achetait justement pas de billet pour 5 personnes dans le sud) ? Est-ce que c’est grave si dans notre couple, ce ne soit pas à moi et à mon conjoint également, que revient la job de pourvoir à nos besoins familiaux? Ben non câline! Ce n’est pas ce que je veux. C’est peut-être antimoderne, mais je crois que j’ai plus la vision traditionnelle de la famille que bien du monde. J’ai tu fait trois beaux enfants pour ne les voir que les soirées de semaine, et regretter le temps où ils étaient jeunes et enfants?

Quand on y songe, les finances peuvent s’orienter comme on le veut dans une famille, il suffit de redéfinir et de communiquer ce qu’on veut vraiment : on a tu besoin de service de garde, de garderie 5 jours semaine, de tablette électronique, de cellulaires, de linge neuf pour le travail, de gaz pour la deuxième voiture, de partir dans le sud l’hiver, de payer des activités parascolaires qui coûtent les yeux de la tête, dès le primaire (et que souvent ils ne veulent pas y aller car ils préfèrent les jeux à la maison entre frères et sœurs)? Dans le fond, mes enfants ce qu’ils veulent ce n’est pas d’être dans une tempête de sorties, d’activités, d’encadrements, de stimulation de groupe… ce qu’ils veulent, c’est être tranquilles à la maison, et avoir du temps pour JOUER entre frères et sœurs, et dans un calme.

Comme ma première préoccupation dans la vie, c’est mes enfants, mon couple, ma famille, je ne peux pas continuer dans ce sens, et accumuler le stress et leur en imposer, même si ça aurait été mon idéal au point de vue personnel de pouvoir joindre les deux.

J’ai donc décidé de revenir à mon travail favori et dans lequel je suis pleinement compétente : pigiste-illustratrice. Professionnellement parlant, ça me parle tellement plus de concevoir des couvertures de romans et d’albums jeunesse, ou de continuer mon travail d’artiste, tout en étant capable de faire tout le reste et de m’occuper de mes enfants, dans mes journées grâce aux avantages du travail autonome. C’est sûr que en faire une carrière, c’est très difficile (vous irez voir les statistiques de revenus annuels pour les artistes visuels…) Mais, encore là, il s’agit des valeurs. Au niveau personnel, j’en arrive à un lâcher-prise (de me trouver à tout prix un emploi de salariée, entourée de collègues, et valorisée directement pour mon travail), mais qui en réalité ne m’allait pas du tout, dans ma personnalité plus conceptrice-créative-autonome. Je réalise que quand je suis créative dans mon quotidien et un peu renfermée, je suis zen et heureuse, peu importe le montant d’argent. C’est certain qu’on a la chance d’être à l’aise à deux financièrement, et que si ce n’était pas le cas, mon discours serait bien différent. Mais, la précarité d’être artiste, je l’accepte et je ne me poserai plus de questions! Ce que ça fait du bien de juste se dire : messemble je peux vivre là, et au moment présent!

Dans mon couple, je trouve que tout partager les tâches dans une semaine de travail, ce n’était pas toujours l’idéal, et parfois c’est juste mieux de séparer ce dans quoi on est bon. Par exemple,  « maman, ton riz y est ben meilleur que celui de papa »! Ce n’est pas qu’il y a de la jalousie dans notre couple, mais c’est juste plus naturel quand on ne se force pas l’un l’autre à faire quelque chose qui ne nous tente pas. Pis moi, faire un peu de ménage, de lavage, de cuisine, de rangement, de nettoyage, pendant que je prends une pause de mon travail à l’ordinateur, ça me fait plaisir! Encore plus, quand c’est une journée de tempête, et que la gang joue dehors! Et puis, la fin de semaine, ça ne sert plus juste à rattraper le temps et s’activer pour préparer l’autre semaine de travail.

Au niveau social et amical, aujourd’hui, avec les médias sociaux et les activités d’associations et de groupes d’entraînement sportifs, j’arrive à mieux équilibrer mon temps pour tous mes amis et mon entourage, et je me sens tellement en contrôle de ma vie! Là, je pourrai clairement dire à toutes les mères en affaire, que je suis vraiment TENACE! Fini les tempêtes! lol

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