Hommage à ma mère

Hommage à ma mère

Par Christine Marcotte

Tu sais la fameuse phrase: Tu vas comprendre quand tu vas avoir des enfants? Moi j’ai compris ce que ma mère me disait bien avant d’avoir Emile. Ma mère, qui a mis sur pause sa carrière pour s’occuper de mon frère et moi, qui au final a décidé de réaliser le rêve de sa vie en retournant aux études pour devenir bibliothécaire.

Faut comprendre que mon père partait travailler du lundi au vendredi à l’extérieur et que ma mère faisait 45 minutes de route le matin, 45 minutes de route le soir, pour aller au Cégep de Trois-Rivières. Pendant que nous étions à l’école, ma mère y était aussi. Et le soir venue, elle gérait le ménage, les repas, les devoirs et leçons de mon frère et moi, notre bain et une fois au lit, elle se mettait à l’étude…. Tu te souviens des travaux de fin de session? Imagine seule avec 2 enfants?

Alors quand moi je suis allée au Cégep, je n’ai pas arrêté de lui dire à quel point je l’a trouvais hot d’avoir fait ça! Aujourd’hui, avec encore plus de recul, le fait qu’elle est réalisé son rêve de devenir bibliothécaire, qu’elle est choisi de mettre sur pause sa carrière pour s’occuper de nous, je l’admire encore plus.

Mon frère était loin d’être un enfant facile. À l’époque, le TDAH n’existait pas, il fut donc catégorisé  »p’tit christ » rapidement et ma mère a du composer avec ça. À un certain moment, je me souviens même que ma mère n’avait pas de voiture, on faisait l’épicerie à pied ou en taxi le jeudi soir, après être allés à la Caisse Populaire retirer l’argent qu’elle avait de besoin pour la semaine. Quand on voit que les gens capotent que les magasins soient fermés le dimanche…

Et c’est en repensant beaucoup a elle, mes souvenirs de comment elle était avec nous, quand je suis seule avec mes 5 enfants, que je me dis que ma vie c’est de la petite bière! Que j’ai le loisir de m’organiser pour pouvoir travailler. Au ralenti, mais de travailler quand même. De déléguer plus pour faire rouler mon entreprise encore plus. Je suis qui moi pour me plaindre?

Mais n’empêche que je ne suis pas ma mère. Je n’ai pas les même forces qu’elle. Elle est un modèle certes. Mais je ne suis pas obligé de me comparer. Je peux faire les choses à ma façon. Elle m’inspire, mais je suis loin d’être comme elle. Et malgré son décès, je me surprend à l’entendre me parler dans ma tête. Parfois j’imagine qu’elle me juge. Que je ne suis pas assez bonne pour elle. Je me demande souvent ce qu’elle dirait de moi, car de son vivant le RMA n’existait pas et je n’avais que les 3 garçons. Elle n’a même pas connue Simon.

Avoir des modèles est important. Connu ou non. Au secondaire, je rêvais de devenir la Véronique Cloutier numéro 2. Et j’ai toujours admiré cette femme aux mille et un projet, encore à ce jour. Je puise ma force dans mes souvenirs de mon enfance avec mes parents. Je m’y réfère beaucoup, surtout en ce temps de confinement, car je sais que ma mère n’ont plus n’était pas faites pour être une mère au foyer. Elle a fait tellement de bénévolat pendant les 5 premières années de vie de mon frère, avant qu’il ne commence l’école, c’était pour elle  »son travail ».

Aujourd’hui, c’est son anniversaire de naissance. Elle aurait eu 65 ans! Je lui aurais surement organisé un méga surprise qui aurait tombé à l’eau à cause du confinement. Je me serais revirer de bord on lui faisant le tour virtuellement. Elle aurait adoré le Réseau des Mères en Affaires. Ma mère était une entrepreneure dans l’âme, elle avait commencé une coopérative de cuisine collective avant de mourir.

Alors ce soir, je vais levé mon verre à ma mère. Un bon verre de rhum, comme elle aimait. Pour la célébrer mais aussi me célébrer. Festoyer la vie, la santé et l’abondance! Tout ce qu’elle m’a enseigné de son vivant, mais aussi depuis son départ. Car même morte, elle m’enseigne!

 

Bonne fête mamounet xxxx

 

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