En tant que mères, nous savons toutes à quel point s’occuper d’enfants est un véritable travail à temps plein; un travail extrêmement prenant sans pause et sans véritable compensation. Mais n’avez-vous pas l’impression parfois qu’il en va de même avec votre entreprise, surtout dans ses débuts? C’est le constat que j’ai fait au printemps dernier, alors que mon entreprise était dans sa première année de développement.
Si je choisis de vous partager mes réflexions sur le sujet aujourd’hui, c’est parce que je suis convaincue que mon expérience fera écho à la vôtre et pourra en aider plusieurs. Car même si chaque enfant est unique, et chaque entreprise aussi, l’expérience des unes est toujours source d’apprentissage et de prises de conscience pour les autres.
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Laval, le 19 avril 2024
Depuis plus d’une semaine, je suis malade. Malade au point où j’ai dû considérablement ralentir mes activités.
Parce que je n’ai plus d’énergie.
Plus de souffle non plus.
Quand ton corps te parle et que tu ne l’écoutes pas
J’ai un peu trop donné au mois de mars et maintenant j’en paye le prix. Mon corps n’a pas tenu le choc. Moi qui prône à toutes l’importance de prendre soin de soi, j’ai un peu l’air d’un cordonnier mal chaussé ces temps-ci!
Parce que je n’ai pas écouté mon corps qui commençait à montrer des signes de fatigue et que j’ai un peu trop brûlé la chandelle par les deux bouts, me voici obligée de ralentir, ce qui est d’autant plus frustrant que je ressens toute l’effervescence printanière qui m’incite à vouloir sortir profiter du beau temps et à préparer ma maison et mon jardin pour les beaux jours.
Cette maladie, par son intensité, me confronte à mes propres contradictions et m’oblige à reconsidérer mes choix de vie. En effet, une des principales raisons qui m’avait poussée à partir à mon compte, c’était mon énorme besoin de liberté. Je rêvais de pouvoir sortir m’entrainer quand il fait beau, prendre une journée de congé quand bon me semble pour aller skier ou voir une amie.
Mais la réalité est toute autre: parce que lorsqu’on se lance dans l’entreprenariat, c’est un peu comme lorsqu’on se lance dans la maternité: on se donne à 200% au début. Et on veut tellement réussir qu’on en oublie ce qui nous a pousséE à partir à notre compte. Parce que même si on n’a pas de boss à qui rendre des comptes, on veut se prouver qu’on est capable. Et on finit par s’épuiser, comme je l’ai fait, par travailler un peu les soirs et les fins de semaine alors qu’on s’était juré qu’on ne le ferait jamais.
Pourtant, je ne peux pas dire que je n’ai pas été prévenue… Moi qui médite régulièrement et qui suis à l’écoute de mon corps et de mon intuition, j’ai vu les signes. J’ai même entendu ce message au cours d’une visualisation: « Tu fais fausse route ». Mais je n’ai pas voulu écouter. Parce que mon ego criait plus fort. J’ai laissé ma tête prendre le pas sur mon cœur et j’ai fini par me brûler.
Donner sans compter quand on est maman et entrepreneure
Ce qui m’arrive reflète parfaitement le parallèle évident qu’il y a entre maternité et entrepreneuriat, un sujet que j’ai eu le privilège d’aborder avec Marie-Ève Nadon du Duo technique, ainsi qu’avec Annik Baillargeon dans le cadre de ma série D’une mère à l’autre. Un parallèle fascinant!
Quand on donne sans compter à son bébé sans prendre suffisamment soin de soi, on finit par tomber au combat. La maternité, c’est comme l’entreprenariat: il y a des hauts et des bas, et en ce moment je suis dans le creux de la vague.
La bonne nouvelle? C’est que je ne peux que remonter. Mais pour cela, il me faut prendre du repos, ce qui n’est pas toujours évident quand on est maman…ou entrepreneure!
Parce qu’en plus de ses enfants biologiques, on doit aussi s’occuper de son entreprise comme si c’était un bébé. Car ce projet qui nous anime, c’est nous seules qui l’avons porté et mis au monde; nous seules qui le faisons grandir. Et c’est tout aussi épuisant que de s’occuper de ses propres enfants. On passe par les mêmes phases d’euphorie, d’attente, de joie intense, de doutes et de découragement.
En relisant les articles que j’avais publiés l’an dernier à peu près à la même époque, j’ai pris conscience que j’étais passée par cette même phase de découragement en mars 2023. Que je m’étais laissée griser par le succès du début au point d’en perdre la notion d’équilibre et de m’épuiser à vouloir donner sans compter. Comme je l’avais fait avec mon premier bébé.
Quand maman en fait trop…
À l’époque, je voulais tout pour elle, alors j’avais tout essayé ou à peu près: je passais mon temps à lire des livres sur les soins des bébés, sur l’éducation bienveillante, la DME; j’allais à toutes les causeries d’Espace Famille Villeray; je suivais des cours de massage pour bébé, des ateliers sur le sommeil, la motricité libre, alouette! Tout ça sans me rendre compte que j’étais en train de m’épuiser. Parce qu’après l’accouchement, un bébé a seulement besoin de sa maman et celle-ci a besoin de repos pour être là pour lui. Il a fallu que je frôle le burn out maternel pour me rendre compte que ce rythme-là n’était pas viable sur le long terme, et que si ma petite avait du mal à faire des siestes, c’était peut-être parce que je la stimulais trop…
Alors quand sa petite sœur est arrivée trois ans et demi plus tard, j’ai ralenti. Parce que j’avais appris de mes erreurs et que je me sentais plus en confiance dans mon rôle de mère.
Il faut un village pour élever un enfant… et mener une entreprise!
Mamans sans tabous est en quelque sorte mon troisième bébé. Mais comme il s’agit d’un bébé d’un nouveau genre, j’ai l’impression de repartir à zéro. De devoir tout réapprendre. Alors, j’expérimente plein d’affaires. Je tâtonne. Je fais un pas en avant et trois en arrière. J’alterne entre des périodes de créativité intense et de leadership, et des périodes de doutes et de découragement. Comme avec mes filles, il me faut rester centrée sur mes besoins, mettre mes limites et apprendre à dire non pour ne pas me laisser submerger.
Mais surtout, le constat auquel je suis arrivée aujourd’hui, c’est qu’on ne devrait pas avoir à gérer cela toute seule. Parce que c’est trop lourd. Et de la même façon qu’il faut un village pour élever un enfant, il en faut un pour développer son entreprise. En tout cas, c’est ce que moi je ressens. J’ai besoin de me sentir portée, soutenue. Je ne veux plus cheminer seule.
Alors je réfléchis à d’éventuelles collaborations tout en prenant soin de moi.
Parce que mon bébé a besoin de moi pour grandir.
Et que moi j’ai besoin de repos pour l’y aider.
Texte écrit et publié par Anne Julien le 19/04/2024 sur mamans-sans-tabous.ca
Et si on recréait ce village, le temps d’une soirée?
Depuis ce temps-là, j’ai continué à cheminer et j’ai découvert le merveilleux village qu’est le RMA! Et si, comme moi, vous en faites partie, c’est que vous savez dans vos tripes à quel point nous avons besoin les unes des autres.
Mais avant de faire cette merveilleuse découverte qui a changé la vie de mon entreprise, il y a un outil extrêmement puissant et libérateur qui m’a grandement aidée, aussi bien dans ma maternité que dans l’entreprenariat: les cercles de parole.

Plusieurs d’entre vous sont familières avec le concept, d’autres non. C’est pourquoi, en ce mois d’octobre qui est pour moi celui de la sororité (référence à “La tisseuse” dans le merveilleux ouvrage de Jamie Sans, La voie des 13 mères originelles), je vous propose de l’expérimenter ensemble lors d’un Cercle spécial RMA Maternité et entreprenariat.