Par Christine Marcotte
Il y a quelques mois, cette phrase m’aurait fait peur. Aujourd’hui, elle me fait respirer.
Pendant longtemps, j’ai cru que grandir signifiait devenir une meilleure version de la femme que j’étais déjà. Être plus organisée. Plus performante. Plus inspirante. Plus présente. Plus stratégique. Plus forte. Je croyais qu’il fallait simplement ajouter des couches.
Mais aujourd’hui, j’ai l’impression que la vie me demande exactement l’inverse. En enlever. Enlever les rôles qui ne me ressemblent plus. Enlever les habitudes qui m’ont permis de survivre, mais qui ne me permettent plus de m’épanouir. Enlever les réflexes de vouloir tout porter, tout contrôler, tout réparer. Parce qu’à un moment donné, on ne grandit plus en ajoutant. On grandit en osant laisser mourir une partie de soi. Et c’est probablement l’une des choses les plus inconfortables que j’ai vécues.
Quand notre identité change, tout semble bouger en même temps. Notre façon d’aimer. Notre façon de diriger. Notre façon de travailler. Notre façon de créer. Même les projets qui nous passionnaient prennent une couleur différente.
Je réalise que je ne suis plus la même Christine qui a lancé le RMA il y a plusieurs années. Je ne suis plus la même femme qui disait oui à tout. Je ne suis plus la même leader qui croyait devoir porter tout le monde sur ses épaules. Et je ne suis pas encore devenue celle que je serai demain. Je suis entre les deux.
Et pendant longtemps, j’aurais voulu sortir de cet entre-deux le plus rapidement possible.
Aujourd’hui, j’essaie plutôt de l’habiter. Parce que je crois que les plus grandes transformations ne se vivent pas dans les réponses. Elles se vivent dans les questions. Les vraies. Celles qui nous empêchent de dormir. Celles qui nous obligent à être honnêtes avec nous-mêmes. Celles qui nous demandent si nous sommes encore en train de vivre une vie qui nous ressemble.
Je comprends aujourd’hui pourquoi je ressens autant le besoin de créer des espaces de connexion. Parce que je sais à quel point il est facile de traverser un changement identitaire en silence. En faisant semblant que tout va bien. En continuant à performer. En souriant. En publiant. En travaillant. Alors qu’au fond, quelque chose est en train de se réécrire.
C’est exactement pour cette raison que les Lives Clarté Maestria existent. Non pas pour donner des réponses toutes faites. Mais pour créer un moment où l’on peut enfin arrêter de courir assez longtemps pour entendre ce qui essaie de nous parler.
C’est aussi pourquoi j’ai créé le canal Telegram Glow Connexion. Je rêvais d’un endroit où les femmes pourraient recevoir des réflexions, des prises de conscience, des élans de courage et des rappels qu’elles ne sont pas seules lorsqu’elles ont l’impression que leur vie est en train de changer de direction.
Et puis il y a les Terrasses Maestria. Peut-être le projet qui ressemble le plus à la femme que je suis en train de devenir. Pas une scène. Pas un grand événement. Simplement quelques femmes autour d’une table. Du soleil. Du vrai. Des conversations qui ne cherchent pas à impressionner, mais à transformer.
Je crois profondément que nous avons besoin de moins de bruit et de plus de présence. De moins de stratégies parfaites et de plus de conversations sincères. De moins de masques et de plus d’authenticité.
Si je t’écris tout cela aujourd’hui, ce n’est pas parce que j’ai trouvé toutes les réponses. C’est plutôt l’inverse. Je suis encore en train de les chercher. Mais une chose est devenue très claire. Je refuse de construire la prochaine version de ma vie en portant les anciens vêtements de mon identité.
Et peut-être que toi aussi, tu es rendue là. Peut-être que, comme moi, tu sens qu’une partie de toi te demande de ralentir, de réfléchir, de choisir autrement. Si c’est le cas, j’aimerais simplement te dire ceci.
Tu n’as pas besoin d’avoir tout compris pour avancer. Tu as seulement besoin d’avoir le courage d’écouter la femme que tu es en train de devenir.
Parce que parfois, les plus grandes révolutions ne commencent pas par une décision spectaculaire. Elles commencent par une toute petite voix intérieure qui murmure : « Je ne peux plus continuer comme avant. »
Et, contre toute attente… C’est souvent là que la plus belle version de notre histoire commence.
